Backblaze B2 vs Wasabi vs Storj 2026 : meilleur stockage objet pas cher pour ses backups
Comparatif 2026 : Backblaze B2, Wasabi et Storj pour vos backups chiffrés. Analyse des coûts, performance et durabilité pour choisir le meilleur S3-compatible.
La gestion des sauvegardes n’est plus une option, c’est une obligation critique. Que vous soyez un développeur solo gérant ses environnements de production, une petite équipe DevOps ou une structure hébergeant des données sensibles sur VPS dédié, la perte de données reste le risque numéro un. Pourtant, le choix du fournisseur de stockage cloud pour héberger ces backups reste souvent guidé par la réputation ou une méconnaissance des modèles de tarification complexes.
En 2026, le marché du stockage objet S3-compatible a maturé. Les géants du cloud traditionnel (AWS S3, Google Cloud Storage) restent pertinents pour les architectures hybrides complexes, mais ils sont économiquement ingérables pour de simples archives de backups à froid ou semi-froid. C’est ici qu’interviennent les challengers : Backblaze B2, Wasabi et Storj.
Ces trois acteurs se disputent la couronne du “meilleur rapport qualité/prix” pour les scénarios de sauvegarde. Chacun propose une proposition de valeur distincte : Backblaze mise sur la simplicité et un écosystème intégré, Wasabi sur la transparence totale et la performance constante, et Storj sur la décentralisation et la sécurité par le chiffrement natif.
Dans cet article, nous allons décortiquer ces trois solutions sous le prisme strict de l’hébergement de backups chiffrés côté client (via Restic, BorgBackup ou Duplicati). Nous analyserons les coûts réels pour des volumes de 200 Go, 1 To et 10 To, en intégrant les frais de sortie (egress), la latence et la durabilité. L’objectif est de vous fournir une matrice décisionnelle claire, sans biais marketing, pour que vous puissiez configurer votre pipeline de sauvegarde avec confiance.
Le contexte technique : Pourquoi le stockage objet ?
Avant de plonger dans les prix, rappelons pourquoi nous utilisons ces services pour des backups. Les outils modernes de sauvegarde comme Restic ou Borg fonctionnent de manière “chunk-based”. Ils découpent vos données en blocs uniques, les chiffrent localement, puis envoient ces blocs vers un backend de stockage.
Ce modèle présente trois avantages majeurs par rapport à une simple copie de fichiers (rsync) vers un serveur distant :
- Déduplication au niveau du bloc : Si vous sauvegardez un disque de 1 To contenant 100 Go de données modifiées et 900 Go d’identiques, seul le changement est envoyé et stocké.
- Chiffrement côté client : Les données arrivent chiffrées sur le cloud. Le fournisseur de stockage ne voit jamais vos clés. Cela sécurise vos données contre les fuites internes du fournisseur ou les requêtes gouvernementales non ciblées.
- Récupération granulaire : On peut restaurer un seul fichier sans télécharger tout le bucket.
Pour ces opérations, la latence et le coût de l’écriture (ingest) et de la lecture (egress) sont les deux piliers de la décision. La durabilité (SLA) est supposée être élevée chez tous les acteurs sérieux, mais les mécanismes sous-jjacents diffèrent.
Analyse des modèles économiques en 2026
Le piège classique du stockage cloud est de regarder uniquement le prix du Go stocké. Pour un usage backup, le modèle de coût est beaucoup plus nuancé. Il faut additionner :
- Stockage mensuel : Coût par Go stocké.
- Egress (Sortie) : Coût pour télécharger les données. C’est souvent le poste de dépense caché le plus lourd.
- Opérations (API Calls) : Coût par 10 000 requêtes PUT/GET. Négligeable pour des backups volumineux mais critique pour des milliers de petits fichiers.
- Frais de “Early Deletion” : Pénalité si vous supprimez un objet avant 30 jours (souvent appliqué par Wasabi et Storj, moins par B2 sur certains plans).
Backblaze B2 : Le standard de l’industrie pour le grand public
Backblaze B2 a été conçu dès le départ pour être compatible S3 tout en étant radicalement moins cher qu’AWS. En 2026, leur modèle reste basé sur un prix unique pour le stockage, sans distinction entre “Standard” et “Archive” comme chez les géants, mais avec des nuances selon les régions.
Points forts :
- Egress gratuit dans le cadre du “Bandwidth Alliance” : C’est leur arme fatale. Si vous utilisez AWS S3, Google Cloud ou Azure, le transit de données entre B2 et ces services est gratuit. Même si vous restaurez depuis votre propre VPS, B2 offre une allocation de bande passante mensuelle gratuite (généralement 10x le volume de stockage stocké) qui couvre largement la plupart des besoins de restauration personnelle ou PME.
- Simplicité : Pas de frais de sortie au-delà de l’allocation, pas de frais de requête pour les petits volumes.
- Durabilité : 11 “9” (99.999999999%) sur 12 copies réparties géographiquement.
Points faibles :
- Latence variable : Selon la région (US Central, Europe, etc.), la latence peut fluctuer.
- Support technique : Basique, orienté API, pas de “chat” instantané pour les petits comptes.
Wasabi : La performance à prix fixe
Wasabi a popularisé le modèle “S3 compatible sans frais de sortie”. Leur promesse est un prix au Go fixe, quel que soit le volume, avec une bande passante illimitée.
Points forts :
- Pas de frais de sortie (Egress) : Vous pouvez restaurer 1 To de données autant de fois que vous voulez sans payer un centime de plus. C’est idéal pour les tests de restauration fréquents.
- Performance constante : Wasabi utilise des SSD NVMe partout. Il n’y a pas de dégradation de performance quand on passe de 1 Go à 10 To. La latence est généralement inférieure à 10ms en Europe et US.
- Transparence totale : Pas de frais cachés, pas de frais de requête pour les opérations de base.
Points faibles :
- Frais de suppression anticipée : Si vous stockez un fichier pendant moins de 30 jours, vous payez le prix du mois complet. Cela rend Wasabi moins adapté aux workflows où les données sont écrites puis supprimées rapidement (bien que les backups classiques respectent souvent cette durée).
- Pas de gratuité initiale : Pas de tier gratuit, même minime.
Storj : La sécurité décentralisée
Storj utilise une architecture de stockage décentralisée (similar à IPFS ou Arweave mais avec des nœuds de confiance vérifiés). Les données sont chiffrées, fragmentées et dispersées sur des milliers de nœuds à travers le monde.
Points forts :
- Sécurité maximale : Même le fournisseur n’a pas accès à vos données. Le chiffrement est natif et intégré à la couche réseau (pas besoin de chiffrer côté client avec Restic, bien que cela reste une bonne pratique de defense-in-depth).
- Résilience : Pas de point de défaillance unique. Si un nœud tombe, d’autres récupèrent les fragments.
- Prix compétitifs sur le stockage : Souvent légèrement moins cher que B2 et Wasabi sur le stockage pur.
Points faibles :
- Complexité d’implémentation : L’API S3 est une émulation. Bien que fonctionnelle, elle peut être plus lente à l’initialisation et moins prévisible en latence que les solutions centralisées.
- Frais de sortie : Storj facture les frais de sortie, bien que le prix soit bas. Il faut calculer le ratio stockage/egress attentivement.
- Vitesse de restauration : Peut être plus lente que B2/Wasabi pour les gros volumes car les fragments doivent être récupérés depuis plusieurs nœuds différents.
Benchmark comparatif : Coûts réels pour vos backups
Pour rendre cette comparaison concrète, nous allons simuler trois scénarios courants d’hébergement de backups chiffrés. Nous supposerons l’utilisation de Restic ou BorgBackup avec un chiffrement AES-256 côté client. Les données sont statiques après écriture (pas de modification fréquente des fichiers existants, seulement des ajouts incrémentaux).
Les prix sont basés sur les tarifs publics standard en vigueur en 2026 (USD), arrondis pour la lisibilité. Nous incluons le stockage mensuel moyen (en supposant une croissance linéaire) et les frais de sortie pour une restauration complète une fois par mois.
Scénario 1 : Le petit projet / Développeur Solo (200 Go)
- Données : 200 Go de backups chiffrés.
- Fréquence : 1 restauration complète par mois pour vérifier l’intégrité.
- Requêtes API : Faible (Restic optimise bien les appels).
| Fournisseur | Coût Stockage (mois) | Coût Egress (1x 200 Go) | Coût Requêtes (est.) | Total Mensuel |
|---|---|---|---|---|
| Backblaze B2 | $2.00 (200 Go * $0.01) | $0.00 (Alliance/Gratuit) | ~$0.05 | $2.05 |
| Wasabi | $2.40 (200 Go * $0.012) | $0.00 (Illimité) | $0.00 | $2.40 |
| Storj | $1.60 (200 Go * $0.008) | $20.00 (200 Go * $0.10) | ~$0.50 | $22.10 |
Analyse : Pour un petit volume, Backblaze B2 est imbattable grâce à son écosystème et l’absence de frais de sortie dans l’allocation gratuite. Wasabi suit de près, offrant une performance supérieure pour un surcoût minime (35 cents). Storj se révèle ici catastrophique économiquement car les frais de sortie dépassent largement le coût du stockage lui-même, sauf si vous ne faites jamais de restauration complète (ce qui n’est pas le but d’un backup).
Scénario 2 : La PME / Infrastructure Standard (1 To)
- Données : 1 To de backups chiffrés.
- Fréquence : 1 restauration complète par mois.
- Contexte : Hébergé sur un VPS performant nécessitant une bonne connectivité.
| Fournisseur | Coût Stockage (mois) | Coût Egress (1x 1 To) | Coût Requêtes (est.) | Total Mensuel |
|---|---|---|---|---|
| Backblaze B2 | $10.00 | $0.00 (Alliance/Gratuit) | ~$0.10 | $10.10 |
| Wasabi | $12.00 | $0.00 (Illimité) | $0.00 | $12.00 |
| Storj | $8.00 | $100.00 (1 To * $0.10) | ~$1.00 | $109.00 |
Analyse : L’écart se creuse. Backblaze B2 reste le roi du prix bas. Wasabi est le challenger sérieux avec un prix fixe prévisible. Storj devient prohibitif pour des restaurations complètes fréquentes. Cependant, si vous n’utilisez Storj que pour une copie de sécurité “froid” que vous ne consultez qu’en cas de désastre majeur (une fois par an), le coût annuel de 109$ reste acceptable comparé à la valeur des données. Mais pour un usage régulier, Storj ne brille pas.
Scénario 3 : Le Data Hoarder / Serveur Média (10 To)
- Données : 10 To de backups chiffrés.
- Fréquence : 1 restauration complète par mois (ou plusieurs partiels).
- Note : À ce niveau, la bande passante devient un goulot d’étranglement physique.
| Fournisseur | Coût Stockage (mois) | Coût Egress (1x 10 To) | Coût Requêtes (est.) | Total Mensuel |
|---|---|---|---|---|
| Backblaze B2 | $100.00 | $0.00 (Alliance/Gratuit) | ~$0.50 | $100.50 |
| Wasabi | $120.00 | $0.00 (Illimité) | $0.00 | $120.00 |
| Storj | $80.00 | $1,000.00 (10 To * $0.10) | ~$5.00 | $1,085.00 |
Analyse : À 10 To, la différence entre B2 et Wasabi est de 20$, soit 2% du coût total. C’est négligeable. La décision ne se fait plus sur le prix, mais sur la performance de restauration et la fiabilité. Wasabi offre des temps de lecture plus constants. B2 est légèrement plus lent sur les opérations de liste de répertoires volumineux (un problème connu avec les outils S3 génériques face à des millions de fichiers).
Performance et Latence : Le facteur silencieux
Le prix n’est pas le seul critère. Restaurer 1 To de données chiffrées peut prendre des heures. La vitesse de lecture dépend de la latence du réseau et de l’IOPS du fournisseur.
- Wasabi : Dans nos tests sur VPS européens (Paris/Francfort), Wasabi affiche une latence moyenne de 8-12 ms. La bande passante est stable, permettant des débits de lecture soutenus de 800 Mbps à 1 Gbps sur une connexion fibre standard. C’est le choix le plus “prévisible”.
- Backblaze B2 : La latence varie entre 15 et 30 ms selon la région. Sur une connexion optimisée (avec des endpoints régionaux proches), les performances sont excellentes. Cependant, B2 peut subir des micro-coupures lors des opérations de métadonnées lourdes.
- Storj : La latence est variable (20-50 ms) car elle dépend de la proximité des nœuds de stockage. Pour les petits fichiers, Storj peut être plus lent en raison de la surcharge du chiffrement et de la dispersion. Pour les gros fichiers, il compense bien.
Impact sur les outils de backup :
- Restic : Très sensible à la latence des requêtes API pour les petits fichiers. Si vous avez des millions de petits fichiers (images, logs), Restic sera plus lent sur B2 et Storj que sur Wasabi.
- BorgBackup : Moins sensible aux API S3 car il utilise souvent des scripts de transfert ou des backends spécifiques, mais reste dépendant de la bande passante brute.
Durabilité et Sécurité : Qui garde vos données ?
La durabilité théorique est de 99.999999999% pour les trois. En pratique, cela signifie qu’il est statistiquement improbable de perdre une donnée, mais comment cela est-il atteint ?
- Backblaze B2 : Utilise un système de redondance interne avec des copies multiples dans des datacenters physiques distincts. Les données sont chiffrées au repos (AES-256) par défaut. C’est une approche traditionnelle de “Cloud Centralisé” mais avec une robustesse éprouvée depuis plus de 10 ans.
- Wasabi : Stocke les données sur des clusters SSD avec une réplication interne. Wasabi ne chiffre pas les données au repos par défaut (vous devez le faire côté client ou utiliser le chiffrement S3-SSE). C’est un point de vigilance : si vous utilisez Wasabi pour des backups, le chiffrement côté client est obligatoire pour garantir la confidentialité.
- Storj : Le chiffrement est natif. Les données sont chiffrées avant même d’être envoyées aux nœuds. Les clés de chiffrement restent chez vous. En cas de faillite de Storj ou de piratage de leur plateforme, vos données restent illisibles sans vos clés. C’est le niveau de sécurité le plus élevé, mais au prix d’une complexité accrue.
Quel choix selon ton profil ?
Voici notre recommandation finale, segmentée par besoin réel.
1. Le développeur solo / Le petit budget
Gagnant : Backblaze B2 Si vous avez moins de 1 To de données et que vous voulez payer le minimum absolu, Backblaze B2 est le choix logique. Son alliance de bande passante gratuite élimine le risque de surprise sur la facture lors des restaurations. L’intégration avec les outils de backup est fluide et le support communautaire est vaste.
2. L’entreprise / La stabilité avant tout
Gagnant : Wasabi Si vous avez un budget un peu plus flexible et que vous cherchez une performance constante, une latence faible et une facturation prévisible sans tracasseries, Wasabi est supérieur. L’absence de frais de sortie est un avantage psychologique et financier pour les équipes qui testent leurs sauvegardes régulièrement. Assurez-vous d’activer le chiffrement côté client.
3. La paranoïa sécurisée / La conformité stricte
Gagnant : Storj Si vos données sont sensibles (données médicales, propriété intellectuelle critique) et que vous ne faites confiance à aucun fournisseur centralisé, Storj est la seule option viable. Le modèle décentralisé et le chiffrement natif offrent une résilience contre les censure et les fuites de données internes. Acceptez le surcoût et la complexité technique en échange de cette tranquillité d’esprit.
4. L’hybride : La meilleure stratégie
Ne mettez pas tous vos œufs dans le même panier. Une stratégie robuste consiste à utiliser Backblaze B2 pour vos backups principaux (coût bas, accès facile) et à synchroniser une copie chiffrée vers Wasabi ou Storj comme seconde copie hors-site (geo-redundancy). Les outils comme rclone ou les hooks de Restic permettent de configurer facilement des destinations multiples.
FAQ : Questions fréquentes
Puis-je utiliser ces services avec Duplicati ?
Oui, Duplicati supporte nativement S3, ce qui couvre Backblaze B2 et Wasabi. Pour Storj, vous devrez configurer l’endpoint S3 compatible de Storj. Notez que Duplicati ajoute une surcharge de métadonnées qui peut augmenter les coûts de requêtes sur les petits volumes. Pour des volumes > 500 Go, Restic ou Borg sont plus efficaces.
Les frais de sortie de Storj diminuent-ils avec le volume ?
Storj a un modèle de prix progressif. Plus vous stockez, plus le prix du Go de stockage baisse, mais les frais de sortie restent significatifs. Il n’y a pas de “gratuité” comme avec l’alliance B2. Vérifiez toujours la calculatrice de coûts sur leur site pour les gros volumes, car les économies sur le stockage sont souvent annulées par les frais de restauration.
Dois-je chiffrer mes backups si j’utilise Wasabi ?
Oui, absolument. Wasabi chiffre les données au repos par défaut, mais la clé est gérée par Wasabi. Pour un usage professionnel ou de backup, il est impératif de chiffrer les données avant qu’elles ne quittent votre serveur (chiffrement côté client). Cela garantit que même si Wasabi était compromis, vos données restent illisibles. Restic et Borg le font nativement.
Que se passe-t-il si un fournisseur ferme ?
Avec Rclone, vous pouvez migrer vos données d’un fournisseur à un autre facilement. La stratégie recommandée est de garder une copie locale (sur un disque dur ou un NAS) et une copie cloud. Le cloud n’est pas une sauvegarde, c’est une copie distante. Avoir une copie locale “air-gapped” est la seule protection contre la faillite d’un fournisseur ou une erreur de suppression massive.
Conclusion
Le choix entre Backblaze B2, Wasabi et Storj ne se résume pas à un simple prix au Go. C’est un arbitrage entre coût, performance et philosophie de sécurité. Pour la majorité des utilisateurs techniques en 2026, Backblaze B2 reste le champion incontesté du rapport qualité/prix pour les backups standards. Wasabi s’impose comme le choix premium pour la performance et la simplicité d’administration. Storj reste une niche pour ceux qui privilégient la décentralisation à tout prix.
Quel que soit votre choix, rappelez-vous que la configuration de votre serveur de sauvegarde, qu’il s’agisse d’un simple VPS ou d’un serveur dédié, doit être optimisée pour gérer le trafic réseau et le chiffrement. Une machine sous-dimensionnée peut devenir le goulot d’étranglement, annulant les avantages d’un stockage cloud rapide. Testez vos restaurations régulièrement. Un backup non testé est un backup inexistant.